Jayanthi Kumaresh :  » I feel in communion with God while I play on it »

Parmi les musiciens et musiciennes de toutes générations qui pratiquent la vîna, Jayanthi, disciple du grand maître S. Balachander, est incontestablement une des plus douées et des plus prestigieuses. Ainsi, par exemple, c’est elle qui fut choisie en octobre 2005 pour donner à Paris, à l’auditorium du Musée Guimet, un important concert qui a permis au public français de mieux connaître les étonnantes possibilités artistiques de ce superbe instrument qu’est la Sarasvatî vîna. La presse indienne, quant à elle, n’est pas avare d’articles élogieux sur cette jeune artiste que d’aucuns n’hésitent pas à présenter comme la meilleure vînaïste (osons le néologisme) de sa génération.

Interview

  • IR : Mrs Jayanthi Kumaresh, could you first, please, introduce yourself to our visitors ?
    Mme Jayanthi Kumaresh, pourriez-vous d’abord vous présenter à nos visiteurs ?

JK : My name is Jayanthi Kumaresh.I hail from the south of India and play on the Veena, a very ancient and dynamic instrument from Southern part of India.I am the seventh generation of Musician in my family.

Je m’appelle Jayanthi Kumaresh. Je suis originaire de l’Inde du sud et joue de la vîna, instrument très ancien et très vivant de cette partie méridionale de l’Inde. J’appartiens à la septième génération de musiciens dans ma famille.

  • IR : From whom and at which age did you get the taste for music ?
    A quel âge et auprès de qui avez-vous découvert votre goût pour la musique ? Comment avez-vous appris la vîna ?

JK : I learnt first from my mother Lalgudi Rajalakshmi and then my Aunt, Smt. Padmavathy Ananthagopalan and then from the legendary Veena mastero Shri. S. Balachander. I gave my first concert at the age of 8 and have been performing since then under various forms all over the world.

J’ai d’abord suivi l’enseignement de ma mère, Lalgudi Rajalakshmi, ensuite de ma tante, Smt. Padmavathy Ananthagopalan, puis du légendaire maestro de la vîna, Shri. S. Balachander. J’ai donné mon premier concert à l’âge de huit ans, et depuis lors je me suis produite dans le monde entier, en diverses occasions.

  • IR : Do you play only carnatic music ?
    Jouez-vous seulement de la musique carnatique ?

JK : I mainly play Carnatic Music on the Veena. But I play along with musicians from other styles like Hindustani and Jazz as well.

Je joue principalement, à la vîna, de la musique carnatique. Mais je joue aussi avec des musiciens qui pratiquent d’autres styles, par exemple la musique hindoustanie ou même le jazz.

  • IR : Is veena a special instrument for you ? Why ?
    La vîna est-elle pour vous un instrument spécial ? Pourquoi ?

JK : Veena is a special instrument for me because it lends itself very elegantly to all the beautiful nuances and graces of Indian music. It is a very complete instrument and very subtle. The tone is very unique. More than anything, I like it very much.

Pour moi, la vîna est un instrument spécial, parce qu’il se prête avec beaucoup d’élégance à toutes les belles nuances et grâces de la musique indienne. C’est un instrument très complet, et très subtil. Son timbre est très particulier. Et puis, par dessus tout, je l’aime personnellement beaucoup.

  • IR : Could you tell us about the different kinds of veenas ?
    Pourriez-vous nous parler des différentes sortes de vînas ?

JK : Basically any stringed instrument is called a Veena.The Violin is called Dhanur Veena…the human voice is called Gaathra Veena and why, even the Human body is called Shareera Veena. The Veena I play on now is called the Saraswathi Veena.The counter part of it in North India is called Rudhra Veena. There is also another instrument in North India called the Been. If the Veena has a peacock head, then it is called Mayura Veena. If it has the head of a swan, it is called Hamsa Veena. The Saraswathi Veena in the south and Sitar from the North are two prominent stringed instruments of India.

A la base, tout instrument à cordes est appelé vîna. Ainsi le violon est appelé Dhanur vîna… et la voix humaine Gâthra vîna ; même le corps humain, qui est appelé Sharîra vîna. La vîna sur laquelle je joue se nomme la Sarasvatî vîna. Son équivalent dans l’Inde du nord est la Rudra vîna. Il existe aussi un autre instrument dans l’Inde du nord appelé bîn. Si la vîna est ornée d’une tête de paon, on l’appelle alors Mayura vîna. Si c’est une tête de cygne, il s’agit de la Hamsa vîna. La Sarasvatî vîna au sud et le sitar au nord sont les deux instruments à cordes les plus représentatifs en Inde.

  • IR : Is each and every veena different in its made, in its sound, in its « soul » ? Do you always play on the same instrument or do you like to change ?
    Chaque vîna est-elle différente, par sa fabrication, ses sonorités, son « âme » ? Jouez-vous toujours sur le même instrument ou aimez-vous en changer ?

JK : Each Veena is different from the other. There is no factory that makes all veenas in the same shape and size. Each Veena is made from a different tree and has a different soul and tone. I have about 5 to 6 concert Veenas and play on each one as the circumstance maybe.

Chaque vîna est différente des autres. Il n’existe pas d’usine qui fabrique des vînas en série, sur le même modèle et de mêmes dimensions. Chaque vîna est faite à partir d’un arbre différent, et elle a une âme particulière, un timbre particulier. Je possède cinq ou six vînas pour mes concerts, et je joue de l’une ou de l’autre en fonction des circonstances.

  • IR : What is in yourself when you play ? Do you feel a communion between you and your instrument ?
    Qu’avez-vous en vous-même lorsque vous jouez ? Vous sentez-vous en communion avec votre instrument ?

JK : Playing the Veena is one of the most divine experiences one can have. I feel in communion with God while I play on it. Surely, Veena is a very spiritual instrument.

Jouer de la vîna est une des expériences les plus divines que l’on puisse avoir. Je me sens en communion avec Dieu quand je joue. Oui, bien sûr, la vîna est un instrument très spirituel.

  • IR : So far, what are your best memories as a veena player ?
    Jusqu’ici, quels sont vos meilleurs souvenirs en tant que vînaïste ?

JK : Being a Veena player, each concert is a different experience. Some types of Music Entertains. Some others Educates. But playing on the Veena Elevates.

En tant que joueuse de vîna, je vis chaque concert comme une expérience différente. Certains types de musique divertissent, d’autres nous apprennent quelque chose ; jouer de la vîna nous élève.

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